HISTORIQUE

Père Lazinier, véritable Pionnier de Raviart
La mission du Père Lazinier de la Société des Missions Africaines (S.M.A) à Raviart peut être considérée comme celle d’un véritable pionnier.
Les 14 années qu’il aura passées à Raviart ont été celles de la passion d’un homme pour Jésus-Christ mais aussi de semence pour le développement. Cette semence loin d’être seulement pour les chrétiens a été et reste bénéfique pour toute la population de Raviart et même au-delà.
Tout remonte en 1951, année à laquelle en charge du secteur, au cours d’une de ses tournées pastorales, il décide à cause du manque d’intérêt de la population, de transférer à Raviart la petite école de 8 élèves qu’il avait créée à Ndounian, un petit village de Didiévi. Ce choix s’avérait judicieux car Raviart était le centre commercial le plus important de la région à cause de ‘’son chemin de fer’’. Avec l’appui des responsables de la Régie Abidjan-Niger, il obtient des hangars qu’il transformera par la suite en salles de classe, ouvertes à tous sans distinction de race, de région de religion et de pays. Le Père Lazinier travaillait dans la vision du développement intégral de tout homme.
Le Révérend Père Lazinier y fonde en même-temps la paroisse St Pierre de Raviart, n’oubliant pas que sa mission première reste l’évangélisation. Les Sœurs de la Congrégation Notre Dame des Apôtres s’y installent ensuite pour apprendre la puériculture aux jeunes filles. Cependant les difficultés rencontrées vont être la cause de leur départ en 1977.
Quand au Père Lazinier, sa détermination et son zèle lui auront permis de braver tout obstacle dans cette région essentiellement animiste. C’est donc aussi bien en éducateur qu’en pasteur que le Père Lazinier a conduit la population de Raviart durant tout son séjour.
Aussi, les premiers fruits n’ont pas tardé à se présenter eu égard à l’engouement cette fois-ci tant au niveau de l’école primaire qu’à la mission catholique St Pierre, réalisant ainsi cette parole du psaume 126 : « celui qui pleure quand il sème criera de joie quand il moissonnera ». Il est à préciser que l’école primaire catholique créée par le Père Lazinier est celle qui est en place encore aujourd’hui et qui reste leader du secteur depuis 2007. Quant à la mission catholique, des aménagements importants y ont été faits en vue d’adapter la pastorale et de la rendre beaucoup plus efficace face aux nouveaux défis.

A l’origine du Sanctuaire « Notre Dame de la Divine Miséricorde » avec le Père Baflan
Le Sanctuaire Notre Dame de la Divine Miséricorde de Raviart a vu le jour grâce à une intuition que le Père Baflan a eu lors d’une retraite spirituelle en 1990 au Sanctuaire Notre Dame de la Délivrance d’Issia.
Après le départ des Pères de la Société Africaine des Missions (S.M.A) en 1987, le Père Baflan, originaire du diocèse de Man mqis incardiné alors à Yamoussoukro, a succédé au Père Théodore KOUADIO du diocèse de Bouaké. Ce dernier aura passé 3 ans à Raviart. Une fois dans ce village, le Révérend-Père BAFLAN cherche à apporter sa pierre à la construction de l’Eglise-famille de Raviart tout en s’appuyant sur le formidable travail abattu par ses prédécesseurs dont le Père Lazinier, véritable « bulldozer ».
Un des charismes du Père BAFLAN était sa dévotion mariale connue de tous. A Bouaké déjà où il était, avec des jeunes ils chantaient ensemble autour de sa maison des cantiques à la Mère du Seigneur, la Vierge Marie. Aussi, chaque année pendant les vacances, il avait une retraite spirituelle de 30 jours au Sanctuaire Notre Dame de la Délivrance d’Issia.
C’est au cours d’une de ses retraites que le Père BAFLAN reçoit l’intuition de construire un sanctuaire à Raviart. Idée qu’il porte en prière. Une fois de retour, il se met à la tâche. Le zèle du pasteur brûlant dans son cœur comme un feu dévorant, il se met à la recherche d’une grotte et découvre comme par la main de la divine providence à 1 Km du village, un énorme rocher de 10 m de hauteur. Ce rocher, était cependant sur un site d’adoration d’idoles, la population de Raviart étant généralement animiste.
Assuré de sa foi et de l’intercession de la Vierge Marie, ayant porté l’idée en prière, le Père BAFLAN entreprend des négociations et avec l’appui de feu Bernard Cardinal AGRE, évêque d’alors, il obtient le site en 1991. Ce qui n’est évidemment pas du goût de certains chefs qui demeurent fermes dans leur position. Malgré cela, la foi du Père allait grandissante, conscient qu’il fallait braver toute sorte d’obstacles. Une déclaration importante a été faite par le chef ayant attribué le site à l’endroit de la population: « je m’excuse de ne vous avoir pas consultés avant de donner le site. Cependant, vous devez savoir que cette pierre constituera demain le pôle de développement de Raviart. Je suis âgé et je vais bientôt mourir ; je ne le verrai certainement pas mais vous et vos enfants, vous en bénéficierez », avait-il martelé ! Une vraie prophétie comme celle de Joseph le patriarche qui avait annoncé la délivrance du peuple hébreu de l’esclavage de l’Egypte !
Cette parole pleine de sagesse et de puissance a calmé un temps soit peu l’ardeur des plus réticents. Le chemin ouvert, les travaux pouvaient commencer avec l’aide de certains fils de la région, convaincus de leur foi, une première statue en bois de 50 kg sculptée par Monsieur Basile KOUASSI. Si le Père BAFLAN a eu l’intuition de la construction de la grotte, c’est à Sœur Maria LUCE de la congrégation des Sœurs de l’Incarnation qu’est revenu l’honneur de donner le titre de « Notre Dame de la Divine Miséricorde ».
La première bénédiction a été faite par Feu Bernard Cardinal AGRE en 1995, puis la deuxième le 02 Février 1997 par Monseigneur Paul Siméon AHOUANAN, la première statue en bois ayant été remplacée par une autre en marbre de 1, 40 m de hauteur et de 500 kg.
La position assise de la Vierge les mains ouvertes montre qu’elle est une mère attentive et que les grâces s’écoulent du divin cœur de Jésus en passant par ses mains.
Le bloc rocheux dans lequel est logée la statue à la forme d’une croix au-dessus du rocher.
Le 31 décembre 1999, Monseigneur AHOUANAN déclarait le sanctuaire lieu de pèlerinage et d’obtention d’indulgences. Le 27 Mai 2007, il était déclaré sanctuaire diocésain par Monseigneur Joseph AKE.
Le sanctuaire est bâti dans un environnement enchanteur sur une superficie de 40 hectares dont seulement 7 sont exploités.
Que la Miséricorde de Dieu soit accordée au Père BAFLAN qui a rejoint le Père céleste en 1992 et que le Seigneur fasse briller sur lui sa lumière et lui accorde le repos éternel ainsi qu’à tous ceux qui ont contribué à la réalisation de cette intuition divine.
Hommage au Père BAFLAN !